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Des majorités à géométrie
variable
C'est celle qui sert à prendre les décisions
courantes, qu'il s'agisse du fonctionnement de la copropriété
(fixation des honoraires du syndic, approbation des comptes, autorisation
donnée au syndic d'agir en justice, conclusion des contrats d'assurance
de l'immeuble, ...), ou des travaux portant sur les parties communes ou visant
à maintenir l'immeuble en bon état. Plus
généralement, cette majorité s'applique dès lors
que la loi ne prévoit pas une autre majorité. Pour que la majorité simple soit acquise, on tient compte
des voix exprimées par les copropriétaires présents ou
représentés à l'AG (les voix des abstentionnistes ne sont
pas comptées) : la décision sera donc adoptée si, lors du
vote, le nombre de voix "pour" est supérieur au nombre de voix
"contre". Les règles de majorité figurent
dans des articles de la loi du 10 juillet 1965 qui réglementent le
fonctionnement de la copropriété. C'est ainsi que souvent, on
associe chaque majorité à son article : la majorité simple
est celle de l'article 24, la majorité absolue, celle de l'article 25,
la "double majorité" celle de l'article 26, l'unanimité celle des
articles 26 et 35. Elle se calcule sur la totalité des voix des
copropriétaires, présents, absents ou représentés.
Par exemple, dans une copropriété qui comporte 20 000
tantièmes, les décisions relevant de la majorité absolue
ne pourront être adoptées en AG que si elles recueillent des voix
représentant 10 001 tantièmes. Relèvent notamment de cette
majorité : l'élection et la révocation des membres du
Conseil syndical ; la désignation et la révocation du syndic ; la
fixation d'un montant de travaux au-delà duquel une mise en concurrence
sera obligatoire ; l'autorisation donnée à certains
copropriétaires d'effectuer, à leurs frais, des travaux affectant
les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble ;
l'installation ou l'adaptation d'antennes collectives ; la décision de
ne pas ouvrir de compte bancaire ou postal séparé au nom du
syndicat ; l'installation de compteurs d'eau froide individuels, etc. Lorsque l'assemblée
générale n'arrive pas à réunir la majorité
absolue, mais que le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les
copropriétaires (par exemple au moins 10 000 tantièmes dans une
copropriété en comportant 30 000), la même
assemblée peut décider, sur les mêmes questions, à
la majorité simple C'est la majorité requise pour adopter les
décisions les plus importantes, hormis celles qui présentent un
caractère exceptionnel et qui requièrent l'unanimité.
Relèvent notamment de cette double majorité : la décision
de ne pas instituer de conseil syndical ; la suppresion du concierge, à
condition que l'assemblée mette en place des services de substitution
(par exemple : entreprise de nettoyage, installation de boîtes aux
lettres et d'un dispositif de sécurité, type digicode) ; les
actes d'acquisition ou de disposition (vente par exemple) des parties communes
si elles ne sont pas indispensables à la conservation de l'immeuble (par
exemple la décision de vendre des combles ou des paliers à un
copropriétaire, ou encore l'autorisation donnée à un
copropriétaire d'utiliser à titre exclusif une portion de
couloir) ; les travaux sur les parties communes visant à
améliorer la sécurité des biens et des personnes au moyen
de dispositifs de fermeture de l'immeuble (l'AG décide alors à la
même majorité des périodes de fermeture totale de
l'immeuble compatibles avec l'exercice d'une activité autorisée
par le règlement) ; les modifications ou l'établissement du
règlement de copropriété (à condition que cela ne
concerne ni les parties privatives de chaque copropriétaire, ni la
répartition des charges) ; certains travaux comportant transformation,
addition ou amélioration de l'immeuble (installation ou modernisation
d'un ascenseur, installation d'un chauffage central, d'un vide-ordures, mise en
place d'interphones, etc.). Pour être réunie, il faut que la décision
mise au vote recueille le suffrage de la majorité des
copropriétaires, représentant au moins les deux tiers des voix.
Ainsi, par exemple, si dans une copropriété il y 30
copropriétaires avec un total de 30 000 tantièmes, les
décisions qui relèvent de la double majorité devront
recueillir, lors de l'AG, le vote d'au moins 16 [(30/2)+1] Comme la double majorité peut être
difficile à atteindre, en raison de l'absentéisme des
copropriétaires aux AG, les travaux de transformation, d'addition ou
d'amélioration de l'immeuble qui n'ont pas recueilli cette double
majorité doivent être soumis au vote d'une nouvelle AG
convoquée par le syndic, s'ils ont recueilli, lors de la première
AG, le vote de la majorité des membres représentant au moins les
2/3 des voix des copropriétaires présents ou
représentés. La nouvelle assemblée générale,
pourra alors, à cette même majorité (majorité des
membres représentant au moins les 2/3 des voix des
copropriétaires présents ou représentés) voter les
travaux en cause. Elle est requise pour les décisions exceptionnelles,
telles que par exemple : la modification des conditions d'utilisation par un
copropriétaire de ses parties privatives, la surélavation ou la
construction de bâtiment comprenant de nouveaux locaux à usage
privatif, la modification de la répartition des charges prévue
par le règlement de copropriété, etc. L'unanimité signifie que tous les
copropriétaires doivent voter pour la décision, et pas seulement
les copropriétaires présents à l'AG. Donc ce type de
décision ne peut être adopté que si tous les
copropriétaires sont présents ou représentés
à l'AG, et qu'ils votent tous "pour". Autant dire que l'unanimité
reste aussi exceptionnelle que les décisions qu'elle concerne !
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